Interview de Wafa Belgacem, Directrice et Co-Fondatrice de CULTURE FUNDING WATCH
07 avril 2020
Interview de Wafa Belgacem, Directrice et Co-Fondatrice de CULTURE FUNDING WATCH
07 avril 2020
  • Il est difficile ces derniers temps d’échapper à ce sentiment d’agitation générale, et en particulier sur les réseaux sociaux. Et si on lâchait prise? #CultureChezNous
    Nous sommes partis à la rencontre (virtuellement je vous rassure) de Wafa Belgacem, Co-Fondatrice et Directrice de la plateforme CULTURE FUNDING WATCH, afin de vous renseigner sur ses différentes missions et ses objectifs.
     
    • Quelles sont les missions de la plateforme CULTURE FUNDING WATCH ?
  • Pour débuter, nous sommes une plateforme qui est dédiée à la veille, l’accompagnement et le plaidoyer en faveur de l’accès aux ressources durables et équitables pour les industries culturelles et créatives. Nous avons identifié les différentes barrières, pour ensuite définir nos différents champs d’exécutions.
    Par exemple, nous avons un grand handicap en général, qui est le manque d’accès aux informations : C’est-à-dire que les gens ont du mal à accéder aux informations, celles-ci sont souvent dispersées, mal partagées, et dans certains cas, pas du tout exposés au grand public. Donc pour l’acteur culturel, cela représente des heures de recherches interminables et parfois inutiles.
    Notre première mission est de faire le tri des informations, que nous publions gratuitement par la suite sur notre plateforme.
     
    Notre deuxième mission est le renforcement des capacités d’intervention. Dans certains cas, il ne suffit pas de savoir qu’il existe un appel à projet, il faut également maitriser la rédaction du projet, son design, et la démarche du bailleur de fonds. C’est tout un savoir-faire que nous proposons aux artistes et acteurs culturels. Nous sommes dans la capacité de le faire à leur place, mais aussi de leur fournir une formation d’apprentissage sur la construction d’un dossier d’appel à projet.
     
    Enfin, notre troisième mission est le plaidoyer du projet. En effet il ne suffit pas d’être au courant de l’offre, ni d’écrire un bon projet, si personne n’est prêt à financer, et qu’il n’existe pas de liquidité dans le secteur. Nous développons ce volet, à travers la recherche de nouveaux bailleurs de fonds. J’ai donc créé l’index gratuit et accessible à tous « Culture Creative Entreprises Index » que j’ai présenté à l’UNESCO il y’a deux ans. Ce volet était destiné à la région MENA, et a fini par s’étendre à l’international. Il permet d’avoir des statistiques pouvant servir à tout le monde, journalisme, recherche.
     
    • Est-ce que CFW possède un département ou pôle pour aider les artistes dans leur démarche ? 
      • Oui tout à fait, notre service de levée de fonds, est abordé de plusieurs manières : 
      • - Si un particulier se présente, il peut faire appel à nous pour lever le fonds et pour un service en conseil. 
      • - Pour les entreprises ou ONG, on propose un programme le « Sustainability partnership » qui s’inscrit sur une durée de deux ans. Ce programme leur permet de devenir autonomes. Durant ces deux années on développe avec eux les outils, les indicateurs clé de performance (KPI), pour les inciter à s’en servir. Quant à la rémunération, notre client nous paye que lorsqu’il obtient le fond, c’est effectivement un risque aussi pour nous, d’où le fait de choisir des experts qualifiés. 
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    • Actuellement, nous sommes face à une situation assez critique. Quelles sont pour vous aujourd’hui les différentes procédures/solutions envisageables dans le secteur culturel afin de pouvoir minimiser dégâts ? 
  • Je pense qu’il n’y a pas de solutions miracles, nous sommes dans une situation de crise, à mon avis, il faudrait adopter une stratégie de mitigation (atténuer), comment maitriser les dégâts. Malheureusement on subit cette crise sanitaire, il faudrait plutôt penser à : Comment survivre ?
    Néanmoins, deux possibilités s’offrent à nous :  
  • -La première qui sera : L’axe de survie : C’est-à-dire, on n’aura pas d’autre choix que de subir et de revoir la stratégie pour réduire les dégâts au maximum, et prolonger le potentiel de survie.Personnellement, je pense que cette crise est une opportunité, c’est une « crise transformative », on est dans la digitalisation forcée, que ce soit au sein du secteur culturel ou autre.
    Et la deuxième possibilité qui sera : L’axe « Opportunités de positionnement » :  Celui-ci nous pousse à réfléchir sur notre positionnement par rapport à cette transformation et nous préparer pour « l’après crise ».  
     

    • Pensez-vous qu’une éventuelle collaboration entre les deux Grandes structures culturelles privées et le Ministère de la culture, serait la trilogie parfaite pour dépasser cette crise et promouvoir davantage le secteur de la culture ? 
  • Je pense qu’il est encore tôt pour parler de partenariat, sachant que les stratégies des acteurs cités et leurs visions ne sont pas très claires. On a très peu de communication là-dessus, tout ce que je peux dire c’est que pour l’instant, il y a un manque de clarté sur le rôle des uns et des autres. On remarque une contribution sur le fond créée par le Ministère, mais on n’arrive pas définir la stratégie. Selon moi, ces structures ainsi que le Ministère sont en train d’adopter la même manœuvre (survie, production sur long terme). Or il ne faut pas chercher à dupliquer, mais à se répartir les rôles, et pas uniquement de manière financière. Par exemple, dans une première phase de réponse à une urgence, les premiers à donner la réplique, pourront être ceux capables de débourser très vite et prendre une décision sur le tas (les structures privées). L’institutionnel prend du temps, et c’est tout à fait normal. Une coordination dans ce sens peut en effet être très bénéfique.
     
  • Site web https://culturefundingwatch.com/fr/ 

  • Safia OUNAIES

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