Kings, un drame social ardent !
15 avril 2019
Kings, un drame social ardent !
15 avril 2019

Kings est un film dramatiquefranco-belge présenté en première mondiale à la 42e édition du Festival international du film de Toronto.

Ce film est un réel voyage dans le temps sous une jolie connotation tragique qui va au-delà de la narration en épluchant au plus profond de celui qui regarde des émotions qu’on ne croyait pas exister.

Un style enivrant et un thème toujours fétiche fusionné de Deniz Gamze Ergüven avec un projecteur centré sur des adolescents. Ce film dégage une énergie d’amour et de force à travers la mise en scène d’une adolescence déchirante qui se déchaîne d’une vie oppressante.

Une histoire inspirée d'un fait réellement vécu où nous, téléspectateurs, partageons un moment opprimant d'injustice, de pauvreté, de violence et de racisme.

On replonge en 1992 dans le quartier de South Central à Los Angeles, où des émeutes éclatèrent un peu partout suite à l’accumulation d’événements tragiques et on les vit avec et à travers les différents personnages qui s’offrent à nous. Une panoplie de personnalités, une richesse du genre et du sexe et même de l’âge.

Nous trouvons une mère de famille désespérée, Millie jouée par Halle Berry, qui va trouver de l'aide auprès d'un homme vivant reclus, Obie incarné par Daniel Craig, alors qu'éclatent de terribles émeutes suite au verdict de l'affaire Rodney King.

Nous vivons alors dans une atmosphère familiale où la mère travaille d’arrache-pied pour subvenir aux besoins d’enfants dont elle s’occupe en attendant leur adoption et les protège du monde extérieur qu’on retrouve moche et agité.

Après diverses libérations et acquittements de condamnés blancs ayant usé et abusé de leur pouvoir sur les citoyens de couleurs, la tension qui montait doucement au fur et à mesure finit par éclater.

Nous succombons à une vision presque complète de ces événements en découvrant au fur et à mesure les réactions tantôt douces tantôt agressives des personnages.

Et quand la corruption arrive à son apogée, une vague de folie et de rage nous transperce et c’est le chaos qui sème partout, une anarchie énorme se contraste avec une mise en scène méticuleusement étudiée et transmise avec une fluidité incroyable défilant devant nos yeux.

Les plans de la camera sont à la fois intéressants et durs à suivre nous emmenant dans la même confusion que les gens de Los Angeles ont pu ressentir.

Une nuit sombre s’acharne sur toute la ville où les citoyens, remplis de haine et dégoût usent à leur tour de violence et d’agressivité pour réclamer ce qui leur revient de droit. Une nuit que chacun vit avec un comble d’émotions et de tourmentassions.

On retrouve un adolescent en pleine puberté qui vit un dilemme affreux, un tiraillement entre les exigences physiologiques de son âge, la rébellion de ses amis et l’amour de sa famille. Un tiraillement compris et incompris qui le met dans une position d’incroyable sagesse et de vulnérables moments d’impulsivité.


On y trouve aussi des enfants, qui insouciants du danger, profitent pleinement de ce chaos pour sortir, manger, vagabonder, se déchaîner dans la rue sans se rendre compte de la terreur qu’ils infligent à leur pauvre maman.

Un film riche en émotions, tragique, divin et incroyablement humain alors âmes sensibles, veuillez vous abstenir !

Lobna Barouni



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