Garde à vous ! C’est “Freedom House“
04 août 2018
Garde à vous ! C’est “Freedom House“
04 août 2018

Sous des lanternes rougeâtres suspendues au-dessus de la scène du Théâtre Mad’art, un groupe de soldats scrutent, armés jusqu’aux dents, l’ennemi invisible, guidés par leur chef, un dictateur insolite et extravagant interprété par Mohamed Hassine Griaa.


On suit avec surprise et excitation l’entrée en scène de deux femmes de joie, sortant d’un cabaret, effrayées de la situation du pays (une allusion à une guerre ou un soulèvement populaire dans le script avec un jeu de lumière, des sons graves et des coups de feu). Les deux femmes sont interpellées par l’armée, puis enrôlées dans le service militaire.


Les gendarmes sont à la merci des caprices d’un despote caricaturé par une gestualité grotesque et un monologue utopique et egocentrique. Les rôles s’inversent, et on témoigne d’un retournement de la situation : les soldats se rebellent, certains manigancent derrière le dos du général, d’autres parlent de liberté, au-delà des murs du « terrain de guerre », un monde parallèle semble se construire dehors, en dépit de la foi des soldats dans leur nation et le combat pour les libertés économiques et individuelles.


La musique et les lumières viennent mettre en valeur une interprétation exceptionnelle « qui appartient désormais aux acteurs, et qui se l’approprient de plus en plus à chaque performance » selon le metteur en scène et dramaturge Chedli Arfaoui, qui salue l’organisation du Festival International de Carthage pour cette initiative consacrée au théâtre donnant ainsi la parole à une performance de comédie noire.


D’autant plus, l’interprétation « dépend du background culturel du spectateur, allant de l’histoire à la politique, du main Stream média au voyeurisme populiste » s’exprime Moncef Ben Messaoud, acteur compositeur et musicien de scène, joueur de Trombone et de Cor d’harmonie. On peut qualifier sa performance de « musique électronique et militaire qui procure une émotion forte et suscite l’immersion dans la scène ».

« Des lectures propres aux spectateurs, c’est vous l’interprète ! », nous assure Chakra Rammah.*


Regarder Mohamed Hassine Griaa, Chakra Rammah, Abdelkader Ben Said, Chekib Romdhani, Mouna Telmoudi et Moncef Ben Messaoud dans Freedom House de Chedli Arfaoui, une vraie fanfare dans les cœurs et une touche satirique du soldat en carton (littéralement traduit) qu’on connait si bien « askri kardouna ».

Asma HADDOUK        

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