Wafa Hizem : jamais un habit ne vous a rendu aussi simplement merveilleuse
28 février 2018
Wafa Hizem : jamais un habit ne vous a rendu aussi simplement merveilleuse
28 février 2018

Wafa Hizem : la créatrice de mode qui vous rendra simplement merveilleuse !

Voilà déjà quelques temps qu’un nom se fait de mieux en mieux entendre dans le monde de la mode Tunisienne : WH qui n’est autre que les initiales de la talentueuse Wafa Hizem créatrice et styliste tunisienne qui, fraîchement arrivée dans le domaine, s’est déjà faite une place de choix aux côtés des plus grands.

En effet, sa notoriété actuelle ne vient pas de néant car rares sont ceux qui n’ont pas au moins une fois croisé les photos du shooting de sa dernière collection #WHsparklingGIRLS, où elle met en scène des femmes à l’image de ses créations : fines, élégantes, épanouies, jolies sans en faire trop et surtout confiantes et audacieuses ! La femme WF est simplement belle d’où le slogan de la marque « simply you ». WAFA veut que ses créations épousent le corps de celle qui les porte pour qu’on ne voit que l’ensemble et non pas simplement un habit dans son « récipient ».

Nous sommes entrés dans le monde de ce petit bout de femme comme on entrerait en été : des couleurs joviales des dessins géométriques, des tissus nobles et frais, des superpositions et des transparences, et nous avons découvert une personne passionnée au caractère bien trempé !

 Pour mieux faire connaissance avec nous, Wafa a accepté de se séparer un moment de ses ciseaux et de sa machine à coudre afin de répondre à quelques-unes de nos questions.

Qui est Wafa Hizem ? Dans quel environnement as-tu grandi ?

Wafa Hizem, une jeune femme tunisienne, Styliste, ou si je peux le dire Jeune Créatrice de mode. Je suis née le soir du 17 Novembre 1986 à Tunis. Et j’étais la petite dernière d’une famille modeste composée de 6 membres. Mon père était ingénieur et ma mère institutrice puis surveillante dans un lycée (le lycée dans lequel j’ai étudié d’ailleurs). Tous deux sont originaires de la ville de Monastir. Une ville qui m’est vraiment chère et dans laquelle je passais de longues journées d’été, entourée essentiellement de ma famille maternelle, mes tantes, oncles, cousin(e)s …  Bref, j’ai grandi dans une ambiance à la fois un peu stricte et pleine d’amour et d’affection. J’étais une personne très timide et réservée, une rêveuse dans sa bulle.

A quel moment de ta vie tu as su que tu voulais faire de la mode ton métier ?

En y réfléchissant, je crois qu’il n’y a pas eu un, mais plusieurs moments de ma vie où cette passion innée pour la mode est devenue mon ambition pour le futur. Ma mère a vécu à l’époque où il n’y avait pas de télé, mes tantes faisaient elles-mêmes du tricotage, broderie, couture… juste pour passer le temps. Je me souviens qu’à l’âge de 5 – 6 ans je restais près de ma mère pendant les vacances scolaires, alors qu’elle était assise entrain de broder le tissu d’une nouvelle « fouta et blouza » avec des motifs d’étoiles en sequins doré. Je me souviens aussi qu’en fouinant (oui j’étais une fouineuse) je suis tombée sur des croquis que ma mère avait dessiné lors d’une mini formation qu’elle avait faite étant jeune.  J’ai eu moi-même, par la suite un ancien cahier de classe sur lequel je gribouillais à ma façon des robes, des tenues, des jupes…  Quant à mes poupées, je leur créais des nouvelles tenues avec les chutes de tissus que ma mère me donnait. Je trouvais que les habits qu’on vendait pour ces poupées étaient trop ordinaires et trop rose surtout. Je pense qu’au fil des années cette passion n’arrêtait pas de s’enrichir et de devenir de plus en plus ancrée en moi pour être par la suite un rêve, une ambition, un désir de changement que je voulais absolument réaliser et en faire un jour mon métier.

Quel a été ton parcours pour y parvenir ? Quelle a été  Formation ?

On pourrait croire qu’à la suite de ce que je viens d’évoquer, mon parcours était évident. Mine de rien, non. Il n’a pas été aussi direct. Au fait après l’obtention de mon baccalauréat en mathématique, c’était le moment où il fallait décider de mon avenir. Et moi ce que je voulais plus que tout c’était d’intégrer une école d’art ou de mode. Mais ma famille, inquiète pour mon avenir et consciente des difficultés de ce domaine, m’ont imposé une condition : Il fallait avant tout faire des études dans un domaine plus « prometteur » et avoir un diplôme comme garantie de réussite. C’est ainsi que j’ai entrepris des études en informatique appliquée à la gestion à l’ISG de Tunis. Après ces 4 années et après avoir eu mon diplôme de maitrise, mes parents nourrissaient encore l’espoir que j’allais abandonner ce rêve et que j’allais me cantonner à une carrière classique mais ils se trompaient !

Plus qu’avant j’étais convaincue que la mode allait être mon métier. Du coup par la suite, j’ai insisté pour intégrer l’école de mode ESMOD Tunis. Une formation de stylisme/modélisme qui a duré trois années, en me spécialisant en « Haute Couture » et qui a été clôturée enfin par un diplôme en poche, majeure de promotion en Stylisme et j’ai ainsi pu gagner la confiance et la fierté de ma famille.  Par la suite, le destin a voulu que je fasse deux années d’expériences en tant qu’enseignante à ESMOD même. Et c’est en 2014 – 2015 que j’ai décidé avec mon partenaire de toujours Youssef Rais d’ouvrir notre propre atelier et de commencer à créer chacun sa propre marque. Pour ma part ça sera « WAFA HIZEM WH ».

Comment définirais tu ton style aujourd’hui ?

WAFA HIZEM WH, c’est aujourd’hui une marque de prêt-à-porter couture, qui se veut dans une ligne épurée, minimaliste et dans une construction essentiellement géométrique et graphique. Elle est minutieusement basée sur la recherche de détails, que ce soit dans la coupe ou dans une broderie. En effet, j’ai toujours voulu enlever le surplus, le too much, le bling bling qu’on voyait partout dans presque toutes les créations. Je trouvais que cela gâchait tout  et que plus c’est simple mieux c’est. Il suffisait des fois d’un seul petit détail pour tout embellir.  Pour moi le luxe est dans la simplicité.

Dans mes collections, je n’hésite pas aussi à travailler dans des thèmes ethniques et authentiques provenant directement du patrimoine, qui est une source d’inspiration inépuisable. Et en les juxtaposant avec ce côté minimaliste mais aussi légèrement glamour,  je crée une robe unique et portable dans des occasions très spéciales.

Que veut dire exactement le slogan « Simply You » ?

Alors pour la petite histoire, j’ai créé ce slogan lors de mon projet de fin d’étude et qui fut pas la suite la ligne conductrice de ma marque. J’étais à l’époque dans une phase très importante dans la vie de tout créateur de mode, c’était la recherche de soi. Moi la timide qui s’enfermait dans son petit monde, je devais en sortir pour me découvrir. Ce ne fut pas évident mais je me suis rendue compte après cela que tout était plus claire et plus resplendissant en étant simplement soi-même et  en ne se cachant pas sous ce masque que tout le monde voulait voir. Cela était bien sûr valable et libérateur pour toute femme. C’est sa beauté réelle qui va la définir et c’est son vrai caractère qui va donner cette touche d’ « extravagance » à la robe qu’elle porte et non pas le contraire. Mon but à travers le coté minimaliste de mes créations c’est mettre en valeur les différentes beautés de chaque femme. D’où le slogan « Simply You ».   

Quel artiste ou école t’ont inspiré le plus ?

L’une des choses qui ont titillé ma curiosité et par la quelle je suis passionnée c’est le Paper Art, plus particulièrement l’Origami, je trouve fascinant comment on peut créer des formes, des animaux voire même des sculptures rien qu’avec la technique du pliage du papier, chose qui est très fragile.

Sinon en ce qui concerne les créateurs de mode, la vie et les créations de Mr Azzedine Alaia sera éternellement une source d’inspiration pour moi.

As-tu rencontré des difficultés ? Le fait que tu sois différente physiquement y est-il pour quelque chose ?

Des difficultés ? Qui n’en a pas rencontré ?  Le monde extérieur n’était pas vraiment indulgent envers moi et ma différence physique. On me pointait du doigt, on me regardait de travers… mais ce n’était pas vraiment une difficulté pour mon ascension dans le domaine de la mode. Bien au contraire, j’ai vu cela comme un avantage. Ma différence et les blessures que je porte avec moi ont fait de moi ce que je suis aujourd'hui et m’ont donné la force pour tracer mon propre chemin. Cela sans oublier l’aide précieuse de ma mère avant tout, ma famille et certains amis, qui sont passés dans ma vie comme un rayon de soleil.

La difficulté c’est dans le domaine de la mode en lui-même. Ce n’est pas de tout repos d’ouvrir sa propre marque et de s’imposer en tant que styliste avec sa propre touche. Il faut s’investir beaucoup dans un projet pareil, faire des sacrifices, dresser la bonne stratégie de communication pour y arriver, commettre les faux pas et en tirer une expérience. Et il faut beaucoup de passion et de patience. Surtout avec l’augmentation exponentielle du nombre de stylistes dans le monde et en Tunisie particulièrement, où le rêve de chacun est qu’on reconnaisse leur création du premier coup d’œil et c’est là que réside toute la difficulté.  

Comment te vois-tu dans 5 ans ?

Plus on avance, plus nos ambitions deviennent grandes ! Dans 5 ans, je vois la marque WAFA HIZEM WH encore présente en Tunisie certes mais aussi à l’étranger ! Stay Tuned !

Comment vous contacter ?

Sur ma page FacebookWafa Hizem WH, sur mon compte instagram @wafahizem_wh

Ou encore sur mon numéro de téléphone : 23495155.

Cyrine Ben ABa

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