Des inconnus autour de ma table : Zoom sur le social dining
06 septembre 2017

Vous connaissez le concept du repas chez l’habitant ou social dining ? Non ? 

Ce soir, ce week-end ou lors de votre prochain voyage, vous serez reçus ou vous pouvez accueillir chez vous un inconnu qui découvrira vos talents gastronomiques. Et pas cher en plus !

La place du repas est importante dans notre vie, parce qu’on estime que, dans une vie moyenne, on consomme environ 55.000 repas. 

Au départ, effectivement, manger est une nécessité de survie. Mais l’homme, qui est un animal grégaire, a très vite remarqué que c’était un lien social. 

Le premier lien social lié à la nourriture remonte à la cueillette, puis la chasse, où il fallait se mettre en bande. Ensuite, nous avons lié les nourritures terrestres et les nourritures de l’esprit. 

La nourriture est nécessaire pour le plaisir, elle chasse l’anxiété. C’est aussi la plus intime des relations, de toutes les formes de consommation. Mais entre nécessité et art de vivre, quelle place occupe la nourriture chez chacun de nous ? Quelle place est-elle appelée à avoir dans les décennies à venir ?

Le manger et le boire sont une des manifestations les plus importantes de la vie et du corps. 


Les traits particuliers de ce corps sont qu’il est ouvert, inachevé, en interaction avec le monde. C’est dans le manger que ces particularités se manifestent de la manière la plus tangible et la plus concrète : le corps échappe à ses frontières, il avale, engloutit, déchire le monde, le fait entrer en lui, s’enrichit et croît à son détriment. 

La rencontre de l’homme avec le monde qui s’opère dans la bouche grande ouverte qui broie, déchire et mâche est un des sujets les plus anciens et les plus marquants de la pensée humaine. L’homme déguste le monde, sent le goût du monde, l’introduit dans son corps, en fait une partie de soi.

 

 

Finis les soucis des réservations dans les restos !

Réunis bien souvent sans l'avoir souhaité, les clients d’un restaurant doivent partager des espaces, des serveurs, des corbeilles de pains, etc. Même si ce partage se réduit à des rencontres épisodiques, la cohabitation s’avère parfois pénible. Attentifs à ce qui se passe dans ces lieux, le concept de « social dining», originaire des Etats-Unis, est apparu pour ouvrir une nouvelle voie de consommation : la conso collaborative. 

A mi-chemin entre la table d'hôtes et le dîner presque parfait, le concept est simple : vous allez dîner chez un particulier dans la ville de votre choix, vous ne payez que le prix des aliments. Et si vous vous sentez l'âme d'un chef cuisinier, vous pouvez proposer un repas chez vous. Pour l'organisation, de nombreux sites s'occupent de tout.

 

 

Consommation collaborative : Le partage de repas chez l’habitant

Dans sa définition la plus large, la consommation collaborative permet à une communauté de particuliers de prêter, louer, donner, partager, échanger, acheter des biens ou des services. 

Ces nouvelles pratiques, qu’il y ait ou non une contrepartie monétaire, ont pris une forte ampleur et sont maintenant ancrées dans les habitudes, notamment grâce à l’essor de plateformes sur Internet qui facilitent considérablement la mise en relation de particuliers. (Neuf Français sur dix déclarent ainsi avoir déjà réalisé au moins une fois une pratique de consommation collaborative. Aucune étude pour la Tunisie). 

Le marché mondial de l'économie de partage pourrait atteindre près de 270 milliards d'euros d'ici à 2025, contre 12 milliards aujourd'hui, selon PwC (Le cabinet d'audit PwC France s'engage dans des missions d'audit, d'expertise comptable et de conseil créatrices de valeurs pour ses clients).

Aujourd'hui, tout ou presque peut se louer, s'échanger ou se partager via Internet. Voitures, maisons, canapés, frigos, machines à laver, journaux ... Poussés par la crise, les consommateurs s'adonnent de plus en plus au «CtoC» (c'est-à-dire «consumer to consumer», un terme qui désigne les transactions entre particuliers) comme alternative au commerce traditionnel. Parmi ces activités « trendy », le social dining consiste à manger moins cher, plus local et plus convivial.

 

 

Gastronomie personnalisée et convivialité fondent le concept

Le social dining, ou « repas partagé », consiste à se réunir avec des inconnus pour partager un repas, ou parfois dans un lieu public prévu pour l’occasion. Comme le covoiturage, le coworking ou encore la colocation, ce concept propose une alternative au restaurant traditionnel, cette idée offre bien des avantages. Elle permet tout d’abord de faire des rencontres et de découvrir de nouvelles cuisines. 

Certains repas prennent la forme de  « cooking classes » et les invités prêtent la main en cuisine. Dans d’autres, les invités mettent les pieds sous la table et profitent des talents culinaires de leur hôte.


Comment ça marche ?

Pour participer, le plus simple est de s’inscrire sur l’une des plateformes en ligne ou l’une des applications dédiées au social dining :VizEatEatWith ou encore VoulezVousDînerCoTable.frCookening.com

C'est l'hôte qui fixe le prix du repas qui sert seulement à couvrir les ingrédients, le site ou la personne qui cuisine ne sont pas censés être rémunérés.
Avec ce nouveau concept de restaurant à domicile, vous découvrez l'univers de votre hôte en même temps que sa cuisine et vous pouvez faire de belles rencontres. 


En effet, vous êtes presque comme à la maison ! Fini les longues attentes pour être servi, le bruit de fond assourdissant des grandes salles pleines à craquer...

Manger, par nécessité ou par goût ? Par manque ou par loisir ? Mais la frontière entre le besoin et le désir n’est peut-être pas si nette… Quand nous sommes affamés, étrangement, le moindre bol de soupe ne fait pas que combler un manque, mais apporte un plaisir gustatif. 

Le social dining libère le repas pour le rendre repas avec des gens qu’on aime, avec des gens qu’on a choisis. 


C’est quelque chose de plus social, de plus amical, et cela peut être aussi initiation, pour préparer les plus jeunes pour leurs rencontres autour d’un repas ; puisque le repas, c’est là où se rencontrent, en un même lieu, en un même temps, plusieurs générations. Le repas autour d'une table a donc l'art de rapprocher, d'unir, c’est là où le social dining est crucial à développer en Tunisie. (Je note l’absence d’hôtes tunisiens dans les plateformes dédiées à cette pratique). 

J’ajouterai que parfois, longtemps après un bon repas, on se souviendra plus d’une conversation intéressante que des mets. Une bonne idée pour faire connaître la « mloukhia » et sortir le riz djerbien de son cercle d'amateurs habituels , bref un électrochoc nécessaire et bénéfique pour notre délicieuse gastronomie tunisienne .

Mohsen Ben Hadj Salem

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