Un mort-vivant au palais-Omar Bey
06 juin 2017
Un mort-vivant au palais-Omar Bey
06 juin 2017


Bordant la mer de La Goulette, mystérieux et imposant, le vieux château beylical se dresse de toute sa temporalité,  nous ouvre ses portes grinçantes et nous embarque violemment dans un univers des plus étrange.



Un vestibule sombre dont les murs lézardés par l’humidité nous accorde le temps de cligner nos yeux assoiffés et de découvrir lentement la dimension délirante qu’il abrite.

 


Face à nous, un dragon de métal est figé dans son élan, ses nombreuses tentacules colorées serpentent dangereusement vers les spectateurs, son cou orné d’une lourde chaîne l’empêche de terminer son mouvement. Il semble inanimé mais son aura dégage tant d’animosité qu’il serait prudent de le contourner gentiment et de l’admirer de loin.



 Un texte post-mortem psychédélique est gravé sur le mur, un mort-vivant est passé par là…



Les entrailles du palais nous révèlent au fur et à mesure des curiosités constituées de matières brutes. Du fer, de la pierre, des briques décomposées forment des éléments tout à fait étonnants et un air de fin du monde fuse de toute part nous donnant l’impression d’admirer les derniers vestiges de l’ère humaine.



L’obscur dessein des lieux nous fait frissonner. Des dessins inquisiteurs s’enlisent dans les vieux murs, des personnages glauques et hybrides nous observent silencieusement. Poussant la singularité à son apogée, nous croisons une version déconcertante des barbapapas dont le regard est lourd de tristesse.


 

La mer imperturbable et un ciel bleu grisâtre s’invitent à travers les fenêtres pour nous envelopper d’un malaise humanoïde existentiel.



Avons-nous atterris dans un espace-temps dénué de toute palpitation vivante ?


 

Les œuvres nous laissent patauger dans nos questionnements, furieuses de vivre elles nous en ôteraient presque notre souffle élémentaire.





Un événement organisé par Omar Bey dans le cadre de Jaou Tunis 2017.


Dharma Myriam Zeramdini

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